Que faire en cas de harcèlement moral au travail au Monténégro ? Déposez une demande écrite auprès du médiateur de l’employeur, ou de l’employeur s’il n’y a pas de médiateur, dans les trois mois suivant le dernier acte de harcèlement. La médiation dure huit jours ; en cas d’échec, vous avez 15 jours pour saisir l’Agence de règlement amiable des conflits du travail ou le tribunal.
Selon la loi monténégrine sur l’interdiction du harcèlement au travail, le harcèlement moral (mobbing) est tout comportement répété envers un salarié qui porte atteinte à sa dignité, à sa réputation et à son intégrité, crée un environnement humiliant ou hostile ou le pousse à démissionner. Vous déposez une demande écrite auprès du médiateur de votre employeur, ou auprès de l’employeur si aucun médiateur n’a été désigné, au plus tard trois mois après le dernier acte de harcèlement. La médiation dure huit jours, et en cas d’échec, vous saisissez dans les 15 jours l’Agence de règlement amiable des conflits du travail ou un tribunal. L’employeur qui ne protège pas son personnel paie de 500 à 10 000 euros.
Ce guide explique ce qu’est le harcèlement moral, comment et quand déposer une demande, ce que fait le médiateur, quand vous pouvez cesser le travail, comment se déroulent les procédures devant l’Agence et les tribunaux et quelles sont les amendes.
Que considère la loi comme du harcèlement moral ?
- Le harcèlement moral est un comportement actif ou passif, au travail ou en lien avec le travail, envers un salarié ou un groupe de salariés, qui se répète.
- Ce comportement porte atteinte à la dignité, à la réputation et à l’intégrité personnelle et professionnelle, suscite la peur ou crée un environnement hostile, humiliant ou offensant, dégrade les conditions de travail, isole le salarié ou le conduit à démissionner.
- Encourager ou inciter d’autres personnes à se comporter ainsi constitue aussi un harcèlement.
- Le harcèlement peut être commis par l’employeur, un responsable, un collègue, un groupe de collègues ou un tiers avec qui vous êtes en contact au travail.
- La loi protège aussi les stagiaires, les apprentis, les bénévoles et toute personne qui travaille pour l’employeur à quelque titre que ce soit, et elle s’applique aussi au harcèlement et au harcèlement sexuel.
- L’abus du droit à la protection, en engageant une procédure tout en sachant qu’il n’y a pas de harcèlement, est aussi interdit.
Comment et quand déposer une demande ?
- Vous déposez une demande écrite comportant les éléments qui révèlent un harcèlement auprès du médiateur, ou auprès de l’employeur si aucun médiateur n’a été désigné.
- Un employeur de 30 salariés ou plus doit désigner un médiateur à l’avance, après consultation du syndicat.
- Chez un employeur plus petit, le médiateur est choisi d’un commun accord par le salarié exposé au harcèlement, le salarié mis en cause et un salarié désigné par l’employeur, dans les trois jours suivant la demande.
- Le droit de déposer une demande s’éteint au bout de trois mois, à compter du jour du dernier acte de harcèlement.
- Pendant ce délai et pendant la médiation, les délais pour saisir l’Agence ou un tribunal ne courent pas.
- Avant qu’un nouveau salarié commence à travailler, l’employeur doit l’informer par écrit de ses droits et obligations en matière de harcèlement.
Que fait le médiateur ?
- Le médiateur ouvre la procédure dans les trois jours suivant la réception de la demande, et la procédure est urgente et non publique.
- À la demande d’une partie, un représentant syndical peut aussi y participer.
- La médiation se termine dans les huit jours, par un accord, une décision constatant l’échec de la médiation ou un retrait, et pour des raisons justifiées, elle peut durer jusqu’à 30 jours.
- L’accord fixe les mesures pour faire cesser le harcèlement et peut recommander de changer le salarié d’environnement de travail.
- En cas de risque de préjudice irréparable, le médiateur peut proposer à l’employeur d’interdire à l’auteur du harcèlement de vous approcher ou de le déplacer dans une autre pièce.
- En cas d’échec de la médiation, le médiateur vous en informe dans les trois jours.
Quand pouvez-vous cesser le travail ?
- Si l’employeur n’a pas pris les mesures proposées par le médiateur et qu’un médecin spécialiste de l’établissement de santé compétent constate un danger immédiat pour votre santé ou votre vie, vous avez le droit de cesser le travail jusqu’à la fin de la médiation.
- Avant de cesser le travail, vous en informez l’employeur.
- Pendant cette période, vous avez droit à votre salaire comme si vous travailliez.
- L’ouverture d’une procédure ou un témoignage ne peut pas justifier un licenciement, une suppression de poste, une procédure disciplinaire ou un traitement moins favorable au travail.
Comment se déroulent les procédures devant l’Agence et les tribunaux ?
- Si l’issue de la procédure chez l’employeur ne vous satisfait pas, vous saisissez dans les 15 jours suivant la notification ou la décision l’Agence de règlement amiable des conflits du travail ou le tribunal.
- À l’Agence, le conciliateur fixe une audience dans les sept jours, et la conciliation se termine en général dans les 30 jours.
- Un accord conclu devant l’Agence devient définitif et exécutoire dès sa notification, et les parties ne paient pas les frais du conciliateur.
- Si vous rendez vraisemblable l’existence d’un harcèlement, c’est à l’autre partie de prouver qu’il n’a pas eu lieu.
- Un tribunal peut ordonner une interdiction de vous approcher et d’accéder aux abords de votre lieu de travail, et statue sur ce point dans les huit jours.
- L’employeur répond du préjudice causé par le harcèlement d’un responsable ou de salariés, et peut en réclamer le montant à ceux-ci.
Quelles sont les amendes ?
| Infraction de l’employeur | Société | Personne responsable | Entrepreneur individuel |
| absence de mesures de prévention du harcèlement | de 500 à 10 000 € | de 100 à 1 500 € | de 500 à 3 000 € |
| salarié non informé des règles par écrit | de 500 à 10 000 € | de 100 à 1 500 € | de 500 à 3 000 € |
| absence de médiateur avec 30 salariés ou plus | de 500 à 10 000 € | de 100 à 1 500 € | de 500 à 3 000 € |
| sanction d’un salarié pour une procédure ou un témoignage | de 500 à 10 000 € | de 100 à 1 500 € | de 500 à 3 000 € |
- Depuis 2024, l’inspection du travail contrôle le respect de la loi.
- Un salarié qui commet un harcèlement, ne le signale pas ou abuse du droit à la protection engage sa responsabilité pour manquement à ses obligations professionnelles.
Le licenciement et les indemnités sont expliqués dans notre guide sur la fin du contrat de travail, et le salaire pendant une maladie dans notre guide sur l’arrêt maladie. Le droit à un avocat gratuit est présenté dans notre guide sur l’aide juridique gratuite, et le temps de travail et le repos dans notre guide sur les congés annuels et les heures supplémentaires.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qui constitue un harcèlement moral au travail ? Le harcèlement moral est un comportement répété envers un salarié qui porte atteinte à sa dignité et à son intégrité, crée un environnement humiliant ou le pousse à démissionner.
À qui signaler un harcèlement moral ? Vous déposez une demande écrite auprès du médiateur de votre employeur, ou auprès de l’employeur si aucun médiateur n’a été désigné.
Dans quel délai signaler un harcèlement ? Au plus tard trois mois après le jour du dernier acte de harcèlement.
Que faire si la médiation échoue ? Dans les 15 jours suivant la notification, vous saisissez l’Agence de règlement amiable des conflits du travail ou le tribunal.
Un signalement de harcèlement peut-il justifier un licenciement ? Non, l’ouverture d’une procédure ou un témoignage ne peut pas justifier un licenciement, et l’employeur qui le fait paie de 500 à 10 000 euros.
Qui doit prouver le harcèlement devant le tribunal ? Si vous rendez vraisemblable l’existence d’un harcèlement, c’est à l’autre partie de prouver qu’il n’a pas eu lieu.
Sources
La définition du harcèlement, la procédure chez l’employeur, les délais, la protection judiciaire et les amendes sont fixés par la loi sur l’interdiction du harcèlement au travail (Journal officiel 30/2012, 54/2016 et 84/2024, articles 2 à 30), et le contrôle par l’inspection du travail par la loi de 2024 (Journal officiel 84/2024, article 41). La procédure devant l’Agence est fixée par la loi sur le règlement amiable des conflits du travail (Journal officiel 145/2021, articles 56, 65, 68 et 69) et ses modifications de 2025 (Journal officiel 160/2025). Les informations ont été vérifiées le 27 septembre 2026. Fijaka est une plateforme de petites annonces ; ce texte ne constitue pas un conseil juridique.
